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Par : SNU62
Publié : 14 mars

Coronavirus : que fait-on lundi 16 mars ?

14 mars 2020




 Annonce présidentielle

Le Président de la République a annoncé jeudi soir la fermeture "jusqu’à nouvel ordre" de tous les établissements scolaires.

Cette mesure était absolument nécessaire tant du point de vue de la santé des personnels que de celle de la population en général au regard de la gravité de la situation et du fait que les enfants, s’ils sont heureusement "porteurs sains" ou peu symptomatiques du Covid-19 dans leur écrasante majorité, sont autant de vecteurs de transmission potentiels.

Si nous saluons ses propos sur “l’importance des services publics” ou “la nécessité de placer certaines sphères d’activité hors de la loi du marché”, c’est une prise de conscience bien tardive après 2 ans et demi de sa politique visant à détruire consciencieusement les services publics, leur fonctionnement, le paritarisme et le statut des agents !

Le Coronavirus est ainsi le révélateur de l’état déplorable de l’Hôpital après des années de politiques néo-libérales (3,1 lits d’hôpital en soins intensifs en France contre 6 lits en Allemagne ou 7,8 lits au Japon) qui l’ont mené au bord de la rupture, de la désertification médicale, des manques institutionnels pour alerter et répondre aux urgences.

Au delà des hommages de circonstance, pour répondre à l’urgence sociale et sanitaire, il faudrait un changement de politique radical.

 Impréparation totale du Ministère de l’Education Nationale

Après avoir déclaré en boucle dans les médias que “la fermeture totale des écoles n’a jamais été envisagée”, Jean-Michel Blanquer a annoncé, lors d’une conférence de presse qui faisait suite à la déclaration du Président, que “tout était prêt” pour le travail à distance... et que les personnels seront mobilisés pour assurer la “continuité pédagogique”.

En réalité, l’impréparation est totale et le ministre semble naviguer à vue. Dans le 1er degré, nous n’avons ni Espace Numérique de Travail, ni outil opérationnel pour communiquer de façon collective avec les familles. Des consignes ont été données en urgence aux collègues, aux directrices et directeurs : collecter les adresses mail des parents d’élèves, lister les enfants dont les parents sont personnels soignants et les enseignant-es volontaires qui les prendront en charge...

En outre, les outils tels que “Ma classe à la Maison” (envoyé vendredi à 17h par le rectorat sur les boîtes écoles !), au-delà de la question de l’outillage des enseignant-es eux-mêmes qui repose la question d’une prime d’équipement à la hauteur des besoins, posent la question des inégalités scolaires : ils creuseront les écarts déjà existants au niveau de la fracture numérique et des ressources familiales qui déterminent les aides apportées aux élèves.

Après examen rapide d’une page de CE1 de “l’école à la maison” du CNED, il est évident que les activités ne sont pas réalisables sans l’aide d’un adulte maîtrisant bien les codes scolaires (et sans un matériel qui n’est pas disponible dans bien des familles : imprimante couleur, globe, planisphère, dictionnaire …). Ne parlons pas des élèves de maternelle qui ne peuvent en aucun cas apprendre devant un écran et des fiches d’exercices !

Dans le monde réel, les enseignant-es bricoleront au mieux avec les outils qui sont à leur disposition...

 Que faire si j’ai un ou des enfants de moins de 16 ans ?

Si vous avez au moins un enfant de -16 ans, concerné donc par la fermeture des établissements scolaires et crèches, vous pouvez remplir une déclaration sur l’honneur dans laquelle vous vous engagez à être le seul parent qui demande le bénéfice d’un arrêt de travail pour garder l’enfant à domicile, si l’IEN le demande.

Indiquez le nom et l’âge du ou des enfants, le nom de son l’établissement scolaire et de la commune. Vous serez couvert.e dès lundi si vous restez à domicile et ne pourrez être concerné par l’accueil des enfants de personnels soignants et médico-sociaux (voir plus bas).

Cette procédure se fait avec maintien intégral du salaire et pour toute la durée de fermeture des établissements scolaires.

Télécharger le formulaire

 Situations médicales particulières

Les personnels ayant une situation médicale particulière et/ou connus de la médecine de prévention font une demande écrite par mail (pas besoin de certificat médical, pour ne pas saturer les services médicaux) à l’IEN pour bénéficier d’une autorisation spécifique d’absence et restent au domicile sans travail à distance.

Les personnels avec ascendant, descendant ou conjoint qui a une situation médicale particulière en informent le directeur et restent au domicile pour travailler à distance.

 Contraintes de transport

Le Ministère précise que le travail à distance doit être la norme autant que possible, afin de limiter les déplacements. Les personnels soumis à des contraintes de transports lourdes (grandes distances, plusieurs transports en communs...) en informent le directeur et restent au domicile pour travailler à distance.

 Et pour l’ensemble des collègues ?

Les consignes données par l’Administration doivent relever du bon sens et de la souplesse, sans contrevenir à l’impératif sanitaire des mesures qui concerne aussi les personnels : le gouvernement conseille à tous les salariés d’éviter les déplacements et de privilégier le travail à distance !

Et pourtant, depuis vendredi matin, tout et son contraire est communiqué par le Ministère, le Rectorat, la DSDEN et les IEN...

Pour le SNUipp-FSU, il n’est pas admissible d’imposer aux personnels de l’Education Nationale de se déplacer sur leur lieu de travail pour y faire de la présence lorsque rien ne le justifie.

D’autant que les informations qui nous remontent des collègues ayant saisi le SNUipp-FSU 62 démontrent des consignes différentes selon les circonscriptions !

 "Continuité pédagogique" : ce sont aux équipes de s’organiser !

Le DASEN du Pas-de-Calais a envoyé ce vendredi 13 mars une note de service aux directrices et directeurs du département (sous couvert des IEN).

Il y exprime clairement l’organisation à adopter : "Lundi et les jours suivants, nous serons tous au travail, sous des formes pouvant être adaptées aux situations des écoles."

"Votre organisation doit pouvoir assurer tout à la fois la continuité pédagogique et le maintien d’un lien direct avec les familles à l’école, plusieurs fois dans la semaine."

Selon le contexte de l’école, l’IEN peut émettre des propositions de modalités de fonctionnement. S’il y a bien une obligation de mettre en œuvre une "continuité pédagogique", c’est aux équipes de s’organiser. En rappelant que les consignes données à l’ensemble de la population sont de limiter les déplacements et de favoriser le travail à distance.

Par ailleurs, les horaires de travail ne peuvent pas être identiques aux horaires de l’école car le distanciel n’est pas le présentiel.

Toute modalité d’organisation imposée par des IEN contre l’avis des équipes contredit donc explicitement cette note du DASEN.

Si vous rencontrez des difficultés, contactez le SNUipp-FSU 62, nous interviendrons.

 Continuité pédagogique et liberté pédagogique

De la même façon, le choix des outils et supports utilisés dans le cadre de la “continuité pédagogique” doivent être laissés à l’appréciation des enseignant-es. Dans ce domaine comme dans tant d’autres, l’Institution doit faire confiance au professionnalisme des équipes.

Comme l’a précisé l’IA au SNUipp-FSU lors du CHSCT départemental du 5 mars dernier : "On ne peut pas demander l’impossible !"

Cependant, les enseignant-es doivent pouvoir se rendre sur l’école pour organiser leur travail, se réunir, profiter d’une connexion internet et d’un poste informatique s’il n’en avaient pas à domicile etc. Des consignes doivent donc être données aux mairies en ce sens.

 Que faire lundi 16 mars ?

Ne vont donc dans les écoles que les enseignant-es volontaires pour accueillir les élèves des personnels soignants, et les équipes qui doivent encore s’organiser.

 Accueil des enfants des personnels soignants et médico-sociaux

A partir du lundi 16 mars, l’accueil des enfants des personnels soignants et médico-sociaux indispensables à la gestion de la crise sanitaire en ARS ainsi que des personnels assurant directement la gestion de crise et qui ne disposeraient pas d’une solution de garde pour leurs enfants scolarisés en école et en collège sera organisé sur leurs écoles de rattachement.

Ensuite l’organisation s’affinera dans la semaine pour faire des classes cohérentes de 8-10 élèves, de préférence de même niveau scolaire, dans des écoles au plus proche des hôpitaux.

Des appels aux enseignant-es volontaires ont été faits.

Pour l’instant, on ne sait pas en détail quels seront les enseignant-es qui prendront en charge ces groupes, et selon quelles modalités.

Voici la liste des professionnels concernés :

  • Tout personnel travaillant en établissements de santé publics/privés : hôpitaux, cliniques, SSR, HAD, centres de santé…
  • Tout personnel travaillant en établissements médico-sociaux pour personnes âgées et personnes handicapées : maisons de retraite, EHPAD, USLD, foyers autonomie, IME, MAS, FAM, SSIAD…
  • Les professionnels de santé et médico-sociaux de ville : médecins, infirmiers, pharmaciens, sages-femmes, aides-soignants, transporteurs sanitaires, biologistes, auxiliaires de vie pour personnes âgées et handicapées…
  • les personnels chargés de la gestion de l’épidémie des agences régionales de santé (ARS) des préfectures et ceux affectés à l’équipe nationale de gestion de la crise.

Cette liste pourra être réévaluée en fonction d’un travail fin d’identification des fonctions indispensables.

 Foire aux questions

Le SNUipp-FSU Pas-de-Calais a mis en place une foire aux questions pour trouver facilement les réponses à toutes les questions que vous vous posez. Cette foire aux questions est mise à jour régulièrement, au fur et à mesure des réponses données par l’Administration.

Foire aux questions : Les réponses à toutes les questions que vous vous posez
Suite aux annonces du président de la République, nous vous proposons toutes les informations nécessaires

Dès vendredi matin, le SNUipp-FSU 62 est intervenu auprès de la DSDEN.

Le SNUipp et la FSU ont également été reçus en audience au Ministère et au Rectorat de Lille vendredi après-midi.

Audience au Ministère du vendredi 13 mars : des consignes pas toujours claires !

Notre site et notre foire aux questions seront tenus à jour au fur et à mesure de l’évolution de la situation et éventuellement des consignes même s’il serait utile qu’elles soient le plus rapidement et définitivement fixées, dans le temps et sur tout le territoire.

Pour toute question particulière, envoyez-nous un mail à : snu62@snuipp.fr