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Par : SNU62
Publié : 24 septembre

INTERVENTIONS

Déclaration SNUipp-FSU au CSE du 17 septembre 2020

septembre 2020




Déclaration SNUipp-FSU au CSE du 17 septembre 2020

Monsieur le Ministre,

Cette rentrée scolaire laisse à tous les personnels dans les écoles un goût amer. Si les enseignants ont partagé le sentiment d’un certain enthousiasme à retrouver le chemin de l’école, il n’en demeure pas moins que leur état d’inquiétude et de stress quinze jours après la rentrée est très préoccupant. Nous n’avons cessé de le répéter depuis le 15 août, le protocole allégé en juillet pour permettre à tous les élèves de revenir à l’école, n’est pas satisfaisant pour garantir la sécurité sanitaire de tous. Si nous avons obtenu que le ministère acte le port du masque par tous les adultes à l’école, il reste encore de nombreux éléments dans ce protocole qui ne peuvent convenir. Le brassage des groupes, la distanciation physique, le nettoyage systématique des surfaces, l’absence de lavabos nécessaires pour assurer le nettoyage des mains, tous ces éléments négligés dans le protocole nous montrent aujourd’hui qu’ils sont sources de circulation du virus et provoquent des fermetures de classes et d’écoles. La communication ministérielle, sur un nombre de fermetures de classes et d’écoles vraisemblablement inférieur à la réalité, interroge le SNUipp-FSU et insécurise les enseignant.es. De plus, la gestion opaque au local, en l’absence d’un protocole strict apporte de la confusion dans cette gestion. A cela s’ajoute sur le terrain des discours contradictoires entre les différents ministères sur la capacité de protection des masques en tissu. Les enseignants dans les écoles sont-ils vraiment protégés ? A ce jour, le ministère de la santé et les ARS continuent de considérer que les enseignants qui portent un masque tissu sont cas contacts et qu’ils doivent être testés. Nous réitérons notre demande de fournir aux personnels des écoles des masques chirurgicaux.

La période du confinement a accentué les inégalités scolaires, il convient donc en cette rentrée de retrouver du lien avec nos élèves, de les observer au travail et de mettre en œuvre dans les classes des stratégies pédagogiques qui leur permettront d’évoluer. Ce n’est pas l’égalité des chances que nous voulons mais bien la démocratisation de la réussite scolaire en donnant plus à ceux qui ont le moins. Ce n’est pas l’individualisation à outrance qui est nécessaire pour nos élèves mais la différenciation pédagogique au sein du collectif qu’est la classe. Les évaluations nationales mises en œuvre dans les écoles à partir de cette semaine ne permettront d’aider ni les enseignants, ni les élèves. Le document de travail de la DEPP d’avril 2020 vous a rappelé l’inutilité de ces tests, puisque 75% des enseignants ne découvrent aucune difficulté qu’ils n’avaient pas déjà identifiée. A contrario, ces tests vont faire obstacle aux dynamiques pédagogiques nécessaires en démotivant des élèves et en resserrant le travail des enseignant-es sur des « fondamentaux » sources d’aggravation des inégalités, c’est ce que nous disent la comparaison des résultats entre le début de CP et le début de CE1.

Ce resserrement sur des « fondamentaux » contestables est aggravé à cette rentrée par des « priorités » publiés sur Eduscol pour toutes les classes, « priorités » qui écartent des aspects indispensables des programmes notamment en termes de compréhension et de réflexion. Le SNUipp FSU vous demande instamment que soit rappelé à la profession que ces outils sont facultatifs. Il est de votre responsabilité qu’à cette rentrée difficile ne s’ajoutent pas des abus de prescriptions par la hiérarchie locale.

Enfin, même la formation qui se met en place à cette rentrée est hors sol ! Après le plan mathématiques mis en œuvre l’an passé, le plan français se déploie cette année, en complément. Les formateurs et formatrices, déjà surchargé·es de travail, se voient imposer l’équivalent d’un ½ temps par circonscription sans création de postes, alors même que la priorité de cette rentrée aurait dû être de les rendre disponibles auprès des équipes. Le SNUipp-FSU exige que la formation continue soit fondée sur les besoins exprimés par la profession, comme le requiert le schéma directeur de formation. L’organisation en constellations ne doit pas déroger aux ORS des PE, ni donner lieu à des visites de classes non souhaitées, visant à contrôler les pratiques. Puisque le guide plan Français annonce que les PE seront « acteurs de leur formation », le SNUipp-FSU vous demande qu’il soit affirmé dans tous les départements que le choix des objets de travail soit bien effectué par les enseignants concernés.

Enfin, puisque nous abordons la question de la formation : quand les PE se verront-ils proposer des formations pour répondre à leurs demandes d’un meilleur outillage pour faire face à d’éventuels nouveaux épisodes d’enseignement à distance ?

Enfin, votre volonté affichée de faire rattraper le retard pris pendant le confinement avant les vacances d’automne a pour conséquence d’exercer une pression contre-productive sur les enseignants, les élèves et les parents. Il faut laisser le temps aux collègues d’observer leurs élèves et de mettre en place toutes les dynamiques pédagogiques et les remédiations possibles. Et ce n’est pas parce qu’on prend le temps qu’on n’apprend pas. A l’école primaire, les cycles sont bien là pour réduire les inégalités, il faut simplement donner aux enseignants les moyens de mettre en œuvre dans les classes les apprentissages des élèves avec toutes les aides nécessaires. Cela, vous ne le prévoyez pas Monsieur le Ministre, tout ce que vous prévoyez est renvoyé hors la classe. Pourtant les écoles et les enseignants ont besoin de « Plus de maîtres que de classes », de personnels RASED, d’une formation initiale et continue dignes de ce nom, de recrutements supplémentaires pour diminuer les effectifs dans toutes les classes, d’une médecine scolaire abondée.

Pour finir, M. le Ministre, pratiquement un an après le suicide de Christine Renon, vous avez réouvert le chantier de la direction d’école. En cette rentrée, les directeurs et directrices d’école sont déjà épuisées par toutes les tâches qui leur incombent, il y a urgence que les choses changent pour répondre aux demandes de toute la profession.