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Par : SNU62
Publié : 23 janvier 2014

Communiqué FSU 59/62

« Esprits chagrins » ? « Conservatismes » ? Jugez en par vous-mêmes !

janvier 2014

« Esprits chagrins » ? « Conservatismes » ? Jugez en par vous-mêmes !

M. le Recteur s’est exprimé dans la presse régionale à l’occasion de la préparation de la rentrée 2014, taxant les élus syndicaux et notamment ceux de la FSU, d’ « esprits chagrins », s’accrochant au « conservatisme ». Ces attaques ne visent qu’à cacher une réalité bien loin du tableau idyllique dépeint par l’autorité rectorale.

La dotation qui nous a été présentée lors du comité technique académique le 20 janvier ne permettra pas de répondre aux besoins de notre académie :

  • En collège et lycée, après plus de 10 ans de suppressions (+ de 6 000 depuis 1998), l’académie n’a obtenu que 122 postes pour la rentrée 2013 et … 10 pour 2014. Ce nombre est insuffisant : nul besoin d’être un esprit chagrin pour dire que le compte n’y est pas, il suffit d’analyser objectivement des chiffres qui donnent 10 postes pour 1300 élèves en plus en lycée (1 enseignant pour 130 élèves) et rappeler qu’à la rentrée 2013, 2000 élèves avaient été « oubliés ». Quant aux « 30 postes attribués sous forme d’Heures supplémentaires », il s’agit là d’une formulation, qui si elle a pu semer la confusion dans les médias, ne bernera pas les enseignants qui ont bien compris qu’on leur demande de travailler plus en faisant encore davantage d’ heures supplémentaires et non de renforcer leurs rangs.
    La FSU dénonce aussi les modalités de présentation des dotations collège qui incitent grandement à une déréglementation au détriment des heures dues aux élèves.
  • Dans les écoles, les 74 postes vont être en grande partie absorbés par la hausse démographique (+ 959 élèves attendus à la prochaine rentrée). Le taux d’encadrement, hors personnel non enseignants, est de plus de 20 élèves en France contre 14 en moyenne pour l’ensemble des pays de l’OCDE. La réalité quotidienne dans les écoles restera marquée par des classes aux effectifs élevés et des problèmes liés au manque de personnels remplaçants.

Le taux de chômage régional, le pourcentage de CSP défavorisées et le retard pris dans la réussite aux examens nous installent à la dernière place des académies métropolitaines. Sans un effort conséquent, allant bien au-delà des quelques rustines consenties depuis 2 ans, la situation se maintiendra, avec de graves répercussions à moyen et long termes.

Côté personnels, en période de crise, un arrêté a étendu la prime de fonctions et de résultats, créée en 2009, aux membres de l’inspection générale de l’EN (elles sont d’un minimum de 3800 à 6700 euros selon le corps). Il est difficile pour des personnels enseignants, CPE, COPSY et non-titulaires dont le salaire est gelé depuis 4 ans, de constater qu’on leur demande d’en faire toujours plus, gratuitement, au nom d’une « vocation » que n’auraient visiblement pas les autres échelons de notre ministère. La question salariale, de même que celle d’une véritable revalorisation de nos conditions de travail, se posent avec acuité, pas seulement pour les cadres des administrations rectorales.

Aujourd’hui, avec un bac + 5, nous débutons à 1 660 euros net et terminons à 2 531 euros. Demain, les nouveaux stagiaires repartiront de l’échelon 1, à moins de 1400 euros, ce qui est scandaleux ! Qui voudra encore devenir enseignant ?