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Par : SNU62
Publié : 3 septembre 2021

Education prioritaire : vers un détricotage

septembre 2021




L’année scolaire 2021-2022 est celle de tous les dangers pour l’Éducation prioritaire.

Sous couvert de prise en compte du rural ou des écoles orphelines, l’expérimentation de la contractualisation est porteuse d’une remise en cause radicale de l’EP. D’abord, parce que les critères sociaux sont noyés dans d’autres critères comme celui de l’isolement géographique. Ensuite parce que l’attribution de moyens passera par des Contrats Locaux d’Accompagnement et une contractualisation école par école avec les trois académies expérimentatrices (Aix Marseille, Nantes et Lille), ouvrant l’attribution de moyens pour trois ans.

C’est à partir de cette expérimentation que la méthode d’attribution de moyens sur projets pourrait être généralisée dès la rentrée 2022.

A ce stade, beaucoup de points restent opaques notamment les critères qui justifieraient une généralisation, l’avenir des REP ou les droits des personnels.

Alors que la crise sanitaire a accru les inégalités scolaires au détriment des plus fragilisés socialement, l’éducation prioritaire devrait être renforcée. Le saupoudrage tel qui se présente au travers de l’expérimentation n’est pas à la hauteur des enjeux et fait peser une grave menace sur les REP en particulier, et sur une politique nationale d’Éducation Prioritaire en général.

Au printemps prochain, le gouvernement évaluera les effets des expérimentations et pourra généraliser sa politique. Autant dire que la promesse d’objectivation de l’expérimentation ne sera qu’un parti pris.

Pour les REP+, le credo du ministère se porte sur les Cités Educatives. Par leur biais, le gouvernement renforce le pilotage du système par les collectivités territoriales au détriment du cadre national, accentuant les distorsions de moyens et les risques de pressions idéologiques en fonctions des édiles locaux via les financements. Il favorise aussi l’entrée d’associations non complémentaires de l’école publique et qui se prévalent de compétences pédagogiques.

En fin d’année scolaire, le ministre a également décidé de modifier les règles d’attribution de l’indemnité REP+, introduisant une part variable liée là aussi à la réalisation d’objectifs. Introduire de la concurrence entre écoles, en faire un enjeu au sein des équipes et finalement, réduire le sens du travail à l’obtention d’une gratification, voilà ce que le ministre propose aux personnels au lieu de leur garantir les moyens pour faire leur travail : PDMQDC, RASED….

Le SNUipp-FSU sera en première ligne et prendra toute sa part pour informer les enseignant.es et organiser les mobilisations nécessaires face à ces attaques qui sapent les fondements mêmes de l’Éducation prioritaire.