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Par : SNU62
Publié : 5 juin

ELECTIONS

Législatives : quels programmes pour l’école ?

juin 2022



A l’approche des élections législatives, le SNUipp-FSU met en regard son projet pour l’école et les propositions des trois principaux blocs candidats.

Le SNUipp-FSU porte un projet ambitieux pour une école émancipatrice et égalitaire. Attractivité, moyens, inclusion, AESH, direction et fonctionnement de l’école... Il livre son analyse sur ces différents thèmes des propositions des trois grands blocs candidats aux législatives, en lien avec les résultats de sa grande enquête dans laquelle près de 25 000 enseignant·es et plus de 2 000 AESH se sont exprimé·es.

 En finir avec le déclassement salarial

Depuis des années, et particulièrement en 2022, de nombreuses places au CRPE sont perdues faute de candidat. La perte d’attractivité et la désaffection pour le métier enseignant sont réelles. Rendre de nouveau le métier attractif est urgent et possible !

33% des enseignant·es envisagent de changer de métier. [1]

Ce que porte le SNUipp-FSU :

  • des salaires significativement augmentés ;
  • des pré-recrutements dès la première année de licence ;
  • une formation initiale rémunérée de 2 ans ;
  • des droits des personnels rétablis et améliorés.

Ce que proposent les trois principaux blocs :

NUPES RASSEMBLEMENT NATIONALRENAISSANCE
Rattraper et mettre fin au gel du point d’indice, revaloriser les grilles salariales en engageant une négociation avec les organisations syndicales.

Adopter un plan pluriannuel de recrutement pour l’ensemble des concours, avec un dispositif de prérecrutement au métier d’enseignant favorisant l’accès des jeunes de tous les milieux sociaux, créer des écoles professionnelles de l’enseignement.
Revaloriser les salaires de 3% par an pour parvenir à une hausse de la grille indiciaire de “plus de 15%” sur 5 ans.

Prévoir une revalorisation du mérite dans le déroulement des carrières.
Proposer des missions complémentaires en échange de rémunération.

 Investir dans l’école, une urgence

L’école française a été largement sous-investie ces dernières années, ce qui entraîne un retard par rapport aux autres systèmes éducatifs dans les comparaisons internationales. Aujourd’hui près de 88 000 classes ont des effectifs supérieurs à 25, et même plus de 5 100 classes dépassent 30 élèves. L’allègement des effectifs, ciblé par le ministère sur certaines classes et surtout en REP et REP+ ne sera profitable que si l’ensemble des élèves en bénéficie. Cela suppose de créer les moyens à la hauteur des ambitions.

99% des enseignant·es pensent que la réduction des effectifs dans toutes les classes est efficace pour réduire les inégalités scolaires. [2]

Ce que porte le SNUipp-FSU :

  • plan d’urgence pour l’École sous la forme d’un engagement pluriannuel à hauteur de 90 000 postes ;
  • abaissement des effectifs dans toutes les classes : 24 élèves hors EP, 20 en EP, 20 dans les classes multi niveaux et dans le rural et 15 en PS et TPS ;
  • moyens de remplacement suffisants : au moins égaux à 10% des effectifs ;
  • abonder les postes spécialisés et reconstruire des RASED complets.

Ce que proposent les trois principaux blocs :

NUPES RASSEMBLEMENT NATIONALRENAISSANCE
Réduire partout les effectifs par classe pour faire mieux que la moyenne européenne, qui est actuellement à 19 élèves par classe, en priorisant les classes de pré-élementaire, les lycées professionnels et les établissements relevant de l’éducation prioritaire. Réduire les effectifs en prévoyant le dédoublement de toutes les classes de GS et CP et le plafonnement des effectifs à 20 élèves à partir du CE1. Poursuite des classes dédoublées.

 Construire une école inclusive

En regard de l’objectif d’être plus inclusives, l’école n’a pas été dotée de moyens suffisants pour améliorer la scolarisation de tous les élèves. Le recrutement d’AESH, insuffisant en nombre, demeure le seul moyen dévolu à l’inclusion. Or les situations complexes que rencontrent les personnels demandent de la formation et des moyens collectifs pour y faire face.

L’inclusion est jugée mal prise en compte par l’institution scolaire par 96% des personnels enseignants, 73% des AESH et 53% des Français et Françaises. [3]

Ce que porte le SNUipp-FSU :

  • reconstitution de RASED complets sur tout le territoire ;
  • une véritable formation initiale et continue et un temps de concertation institutionnalisé ;
  • abandon des PIAL ;
  • augmentation du nombre de places en ESMS et en ULIS.

Ce que proposent les trois principaux blocs :

NUPES RASSEMBLEMENT NATIONALRENAISSANCE
Rétablir les RASED dans le premier degré

Créer un véritable service public d’accompagnement des élèves en situation de handicap
Etablir un plan sur l’accès à la scolarité pour les enfants handicapés.

 AESH : gagner la reconnaissance d’un vrai métier

Les AESH représentent un personnel sur dix dans l’Education nationale. Ce sont des femmes à 93% et plus de 96% d’entre elles sont employées à temps incomplet : pour une quotité de travail de 24h hebdo, elles reçoivent 800€ nets à la signature de leur premier CDD. Sortir de la précarité ces personnels dont la mission est cruciale pour accompagner la réussite scolaire des élèves en situation de handicap doit devenir une priorité.

95% des AESH sont insatisfait·es de leurs salaires. [4]

Ce que porte le SNUipp-FSU :

  • Créer un nouveau corps de la Fonction publique ;
  • Augmenter les salaires ;
  • Garantir un temps complet à tous les personnels AESH ;
  • Assurer une véritable formation professionnelle.

Ce que proposent les trois principaux blocs :

NUPES RASSEMBLEMENT NATIONALRENAISSANCE
nouveau corps de fonctionnaires, en formant et titularisant les actuels AESH Permettre aux AESH de travailler 35H/semaine

 Améliorer et conforter la direction et le fonctionnement de l’école

Le suicide d’une directrice d’école en septembre 2019, puis la crise sanitaire, a révélé au grand jour la charge de travail et l’épuisement professionnel des directeurs et directrices d’école. Les réponses gouvernementales n’ont pas été à la hauteur, en ne rehaussant les quotités de décharge que pour une partie des écoles. Alors que la profession rejetait à 91% tout statut hiérarchique au sein de l’école, le vote de la loi Rilhac “créant la fonction de directrice ou de directeur d’école” et des expérimentations comme à Marseille remettent en cause le fonctionnement collectif de travail en profilant un nouveau rôle de “manager” pour les directeur·ices.

85% des PE souhaitent une organisation de l’école autour d’un·e directeur·trice “pair parmi ses pairs”. [5]

Ce que porte le SNUipp-FSU :

  • Un·e directeur·ice restant pair parmi les pairs, en dehors de tout statut hiérarchique ;
  • Création d’emplois statutaires à temps plein pour assurer une aide à la direction et au fonctionnement de chaque école ;
  • Amélioration du temps de décharge, dans chaque école ;
  • Allègement et suppression de tâches administratives.

Ce que proposent les trois principaux blocs :

NUPES RASSEMBLEMENT NATIONALRENAISSANCE
Mettre en place une aide administrative et éducative aux directeurs d’école.

Améliorer le mode de décharge d’enseignement pour tous les directeurs d’écoles maternelle et élémentaire.
Donner plus de marge de manœuvre aux directeurs d’école et chefs d’établissement ;

Leur donner plus de moyens, une meilleure rémunération, plus de capacité à prendre des initiatives et à recruter

Le SNUipp-FSU invite les personnels des écoles à s’exprimer massivement lors des élections législatives les 12 et 19 juin.
Quel que soit le résultat de ces élections, il continuera à porter ses revendications pour un service public d’Éducation de qualité, où chaque élève peut s’émanciper et où chaque personnel est respecté, avec de bonnes conditions de travail et un salaire à la hauteur de l’importance des missions confiées.