Par : SNU62
Publié : 23 juin

COMPTE RENDU

Evaluations d’école : c’est non !

juin 2022



La FSU-SNUipp 62 a siégé au Groupe Départemental des Directeurs d’Ecole du 21 juin 2022, en présence de l’IA du Pas-de-Calais.

 Déclaration de la FSU-SNUipp 62

La FSU-SNUipp 62 était la seule organisation syndicale à faire une déclaration liminaire.

Extrait : « La FSU-SNUipp, tant au niveau départemental que national, met en garde toute la profession contre le danger de ces évaluations d’école. La FSU-SNUipp, en tant que syndicat majoritaire de la profession, exige leur abandon et lancera, dès la rentrée de septembre, diverses actions syndicales et intersyndicales. Il appelle d’ores et déjà les équipes pédagogiques à refuser de s’engager dans ces évaluations et sera aux côtés de l’ensemble des collègues pour construire les actions à mener contre ce nouveau management public. »

Télécharger la Déclaration de la FSU-SNUipp 62

 Compte rendu du groupe de travail "direction d’école" du 21 juin 2022

Réponses de l’IA à la FSU-SNUipp 62

En réponse à la déclaration liminaire de la FSU-SNUipp 62, l’IA a apporté les précisions suivantes :

Généralisation de l’expérimentation marseillaise

L’IA s’oppose à la FSU-SNUipp 62 concernant le recrutement des enseignant-es par les directrices et directeurs d’école à Marseille. Il précise que ce sont des postes dits « à exigences particulières ». Pour l’IA, ce n’est pas un problème. Ce serait « comme exercer dans une école Freinet : on choisit l’école en fonction de ses critères de pédagogie ».

Pour la FSU-SNUipp, la comparaison avec les écoles Freinet est mal venue : il n’existe qu’une seule école de ce type dans l’académie de Lille (à Mons en Baroeul) alors que l’expérimentation marseillaise concerne 59 écoles d’une même commune, ce qui bloque le mouvement des personnels (toutes les infos ici).
Dans ces 59 écoles expérimentales, le recrutement des adjoint-es par les directrices et directeurs d’école était bien prévus dans le projet d’ Emmanuel Macron en septembre 2021 avant que ce dernier ne se contredise le 2 juin dernier (à lire ici)

Désormais, pour exercer dans ces écoles, les candidat-es doivent passer devant une commission composée de 4 membres : 2 IEN, la direction de l’école, et un-e adjoint-e de l’école ! La FSU-SNUipp refuse fermement que des collègues puissent choisir d’autres membres de l’équipe enseignant-e et s’oppose clairement à cette expérimentation. Un fonctionnement qui déroge au système égalitaire de nomination jusqu’alors à l’œuvre d’autant que ces postes ne demandent pas de spécificité. Ce nouveau système entraîne de fait un nombre de postes non pourvus inédit dans certaines écoles

Lire le communiqué de la FSU-SNUipp du 2 juin 2022


Le manque de temps institutionnalisé

Après avoir longtemps expliqué qu’il fallait prendre ce temps sur les 108 heures sans donner de cadre précis, l’IA explique désormais qu’il a demandé à l’ensemble des IEN de consacrer « a minima 6 heures d’animation pédagogique » ainsi que la journée de solidarité aux évaluations d’école pour les équipes concernées. « En y ajoutant des conseils des maîtres, on arrive à une vingtaine d’heures ».

Concernant ces animations pédagogiques, l’IA explique que tous les collègues d’une école n’ont pas besoin d’y aller, un-e seul-e collègue peut y aller et ensuite faire un compte-rendu aux collègues de l’école…

Suite à nos nombreuses interventions sur ce point (notamment dans notre courrier adressé à l’IA le 24 mars dernier), l’IA commencerait-il à lâcher du lest ?

Mais on est encore loin du compte, puisque l’IA reconnaissait lui-même que cette évaluation prenait une trentaine d’heures aux équipes… Nous ne pouvons pas nous satisfaire de cette proposition, qui ressemble davantage à un tripatouillage qu’à un réel cadre clairement établi en faveur des personnels.


Participation des collectivités aux évaluations d’école

L’IA rappelle qu’il a adressé un courrier à l’Association des Maires du Pas-de-Calais expliquant le cadre des évaluations d’écoles. Certaines municipalités (notamment Billy-Montigny) refuseraient de s’associer à ces évaluations. Pour l’IA, ce n’est pas un problème puisque leur participation n’est pas obligatoire. Pas sûr que cela rassurera les collègues exerçant dans des communes où les tensions avec les municipalités sont importantes !


Participation des parents et des élèves aux évaluations d’écoles

Concernant les élèves :

Pour l’IA, il s’agit de recueillir les données les plus objectives possibles. Les PE doivent s’interroger sur la manière de recueillir la parole des élèves dont iels sont les porte-paroles.

La FSU-SNUipp a rappelé le manque de maturité et de discernement des élèves du 1er degré. Cela n’a aucun sens de leur demander d’évaluer le fonctionnement de la classe ou de l’école !

Concernant les parents : Pour l’IA, là non plus ce n’est pas un problème puisque des parents sont déjà élu-es et participent à la vie de l’école (conseil d’école, rencontres avec les enseignant-es…) !

La FSU-SNUipp a de nouveau dénoncé ce point. Des familles peuvent parfois être très critiques envers l’école ou des enseignant-es !

L’IA répond que les familles participent aux évaluations « dans la mesure du possible ». Par conséquent, il ne serait pas nécessaire de solliciter l’ensemble des familles...


Organisation des évaluations d’écoles

14 ou 15 regroupements ont été effectués par circonscriptions pour permettre une programmation des évaluations sur 5 ans. Trois vagues d’évaluations auront lieu l’an prochain : 23 regroupements pour la 1ère vague, 36 pour la 2ème et 30 pour la 3ème.

Les IEN ont fait remonter la liste des évaluatrices et évaluateurs pressenti-es afin de vérifier qu’iels ne connaissent pas les écoles qu’iels iront évaluer.

Des formations sont prévues pour les 300 évaluatrices et évaluateurs sélectionné-es. Ces formations se feront en 3 vagues de 100 collègues. La formation commence par la signature d’une charte de déontologie.

Le directeur ou la directrice sera chargé-e d’animer l’évaluation d’école, d’assurer la liaison avec les autres directrices et directeurs de son regroupement et d’élaborer le projet d’école. L’IA prévoit une visioconférence d’information le 30 juin avec les directrices et directeurs concerné-es par la 1ère vague.

L’avis de la FSU-SNUipp : La FSU-SNUipp s’oppose totalement à ce système d’évaluation qui s’apparente à un audit.

Ce cadre d’évaluation, mis en corrélation avec la volonté de généraliser l’expérimentation de Marseille, la crise voulue et programmée du recrutement, poursuit le travail de sape à l’encontre de l’Ecole de la République, en mettant les équipes pédagogiques sous tutelle de l’opinion publique et de choix politiques libéraux.

La FSU-SNUipp, tant au niveau départemental que national, met en garde toute la profession contre le danger de ces évaluations d’école.

La FSU-SNUipp, en tant que syndicat majoritaire de la profession, exige leur abandon et lancera, dès la rentrée de septembre, diverses actions syndicales et intersyndicales.

Notre syndicat appelle d’ores et déjà les équipes pédagogiques à refuser de s’engager dans ces évaluations et sera aux côtés de l’ensemble des collègues pour construire les actions à mener contre ce nouveau management public.

Aller plus loin :

L’évaluation des écoles à marche forcée, c’est NON ! (art. mars 2022)