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Par : SNU62
Publié : 14 juillet

DECRYPTAGE

Circulaire de rentrée 2022 : le décryptage

juillet 2022



Mise en place d’un débat sur l’école, généralisation de l’expérimentation marseillaise, maîtrise des savoirs fondamentaux, évaluations nationales, poursuite des dédoublements, la première circulaire de rentrée du nouveau ministre de l’Education nationale s’inscrit dans la continuité du précédent ministère.

 Dans la droite ligne du ministère précédent :

La maîtrise des savoirs fondamentaux est confirmée comme «  objectif prioritaire  » , et se décline autour d’un pilotage renforcé par les évaluations nationales. La priorité continue d’être donnée au français (lecture, écriture) et aux mathématiques à l’école élémentaire. Les autres disciplines enseignées à l’école (histoire, géographie, sciences…) n’apparaissent pas dans la circulaire.
Les 30 min d’Activité Physique Quotidienne sont généralisées dans toutes les écoles de France pour compléter l’EPS. Le SNUipp-FSU maintient ses interrogations sur ce dispositif.
Les évaluations nationales sont considérées comme les outils des Recteurs et des DASEN pour orienter leur action et construire accompagnement et formation : cela prouve la logique de pilotage par les résultats que le SNUipp-FSU dénonce depuis la mise en place des évaluations CP. Elles sont amorcées en CM1 avec une expérimentation cette année sur échantillon. Cette continuité dans l’utilisation par le Ministère des évaluations d’élèves est à mettre en lien également avec l’évaluation des écoles, qui concernera 20% des écoles à la rentrée.
Les dédoublements en Éducation prioritaire se poursuivent. La circulaire de rentrée affirme que le dispositif des dédoublements « a démontré son efficacité », alors même qu’aucun bilan n’a été tiré de ce dispositif et que les résultats des évaluations montrent le contraire : pour 6 items sur 8 des évaluations de CE1 en français, les écarts de résultats entre élèves de REP+ et hors éducation prioritaire se sont aggravés depuis 2018. Le SNUipp-FSU rappelle son attachement à la libre disposition des moyens par les équipes. Ailleurs, le plafonnement des classes de GS, CP et CE1 se poursuit.

La circulaire annonce, sans donner vraiment d’indications, que l’école maternelle sera au cours de l’année 2022-2023 l’attention “d’un nouvel investissement pédagogique”. Le SNUipp-FSU sera attentif à ce que les éléments positifs qui figurent dans les programmes y demeurent et s’opposera à toute primarisation de l’école première.

A noter que la crise sanitaire est très peu évoquée dans la circulaire. Il est fait référence à l’actualisation des plans de continuité pédagogique qui pourra s’appuyer sur « une solution pérenne et souveraine de classe virtuelle accessible à tous les professeurs désormais garantie toute l’année ». Alors qu’aucun plan n’a été mis en œuvre pour financer les équipements en matériel informatique des écoles et des familles, l’annonce de cette “solution pérenne” ne précise pas si cela concerne le premier ou le second degré. De plus, si la circulaire fait mention d’une "attention particulière à la santé mentale des élèves", rien n’est dit sur les conséquences pédagogiques de la crise qui pourtant s’installent depuis deux ans.

 Une politique qui va plus loin et confirme le programme présidentiel

La circulaire annonce dans ces grandes lignes le projet pour l’école du nouveau ministre. Une politique éducative guidée par l’expérimentation marseillaise qui sera les fondements de “l’école du futur” alors même qu’aucun bilan n’a été fait de cette expérimentation. Cette contractualisation des moyens a déjà été mise en place cette année par l’intermédiaire des Contrats locaux d’accompagnement dans trois académies. Les moyens seront donc corrélés au projet mis en œuvre. Ces projets seront redéfinis par école après la mise en place des débats locaux dès la rentrée avec les équipes éducatives, les collectivités locales et les parents d’élèves. Ils pourront aboutir à des moyens spécifiques dédiés aux écoles. Alors que les projets d’école ont été revus en 2021, ces grands débats interrogent et risquent une fois de plus de créer des inégalités en affectant des moyens non pas en fonction des besoins objectifs des élèves mais en fonction du caractère innovant du projet.
C’est un bouleversement de l’école républicaine qui est annoncé, une mise en concurrence des écoles et une privatisation progressive du système.

Si le ton change, la continuité reste au final profonde avec les politiques menées précédemment : renforcement de la contractualisation de l’école, promotion des fondamentaux et dispositifs augmentant le caractère ségrégué du système scolaire, recours à l’individualisation… C’est une mise en œuvre de la feuille de route annoncée par le Président de la République lors de la campagne présidentielle.
Un autre projet pour l’école est pourtant possible, le SNUipp-FSU l’a d’ailleurs expliqué au Ministre lors d’une entrevue le 29 juin, c’est ce que portera le SNUipp-FSU dès la rentrée !